On parle de nous dans L’Actualité

LA BELLE EFFRONTERIE

Date: dimanche, 3 mai 2015, 12 h 02

On parle de nous dans L’Actualité

LA BELLE EFFRONTERIE

Ils viennent du Nouveau-Brunswick, de l’Ontario, du Manitoba, et ils chantent, écrivent, jouent, font du cinéma en français. Et quel français ! Carburant à l’audace et à la modernité, ils donnent une nouvelle saveur à la francophonie.

PAR JEAN-BENOÎT NADEAU

 

Il souffle un fort vent d’Acadie sur la scène culturelle québécoise. Depuis que Lisa LeBlanc les a surpris en chantant sur un air de banjo « Aujourd’hui, ma vie c’est d’la marde », les Québécois se demandent ce que les Acadiens ont mangé pour produire autant de talents du calibre du groupe rap Radio Radio, du rockeur Pascal Lejeune et autres Hay Babies, trio féminin d’indie folk qui monte. Ils ne sont pas les seuls : en novembre 2012, à la 16e FrancoFête en Acadie, organisée par le Réseau atlantique de diffusion des arts de la scène, 36 producteurs et diffuseurs des États-Unis, de France, de Belgique, de Suisse et même d’Italie étaient présents !

« Ça fait longtemps qu’on est là, mais je ne sais pas trop pourquoi on nous entend maintenant », dit France Daigle, lauréate du Prix du Gouverneur général pour son roman Pour sûr — qui fera date, puisqu’elle y redéfinit la structure narrative tout en faisant la défense et l’illustration du chiac.

Ce n’est pas la première fois que des artistes francophones des autres provinces s’illustrent au Québec. On pense aux écrivaines Gabrielle Roy, du Manitoba, et Antonine Maillet, du Nouveau-Brunswick, ou à la chanteuse fransaskoise Carmen Campagne. Mais la fournée actuelle se distingue par sa modernité.

Le folklore ? Très peu pour cette génération rafraîchissante... ou déconcertante, pour quiconque perçoit les francophones des autres provinces comme de lointains cousins des campagnes un peu démodés. Plutôt que de « swigner la bacaisse dans le fond de la boîte à bois », Radio Radio rappe en chiac et Lisa LeBlanc flirte avec le folk trash. L’Ontarien Damien Robitaille fait un malheur en « croonant » sans complexe avec son accent de la baie Georgienne. Et l’émission musicale phare du réseau de télé public francophone TFO, BRBR (c’est BARBAR), consacrée à la scèneindie canadienne, emprunte sa facture visuelle au Web 2.0 et son titre au langage texto.

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