Carol Doucet en entrevue avec le Baron Magazine

« Le succès, ce n’est pas instantané ! » – Carol Doucet, fondatrice du Grenier musique

Date: vendredi, 4 mars 2016, 9 h 00

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« Le succès, ce n’est pas instantané! » – Carol Doucet, fondatrice du Grenier musique

Le parcours de Carol Doucet est loin d’être ennuyant. Celle qui a en poche un baccalauréat en information-communication de l’Université de Moncton, une maîtrise en communication publique de l’Université Laval et une année de scolarité au doctorat en communications/journalisme à l’Université Charles-de-Gaulle en France (2000-2001) s’est tournée vers les communications et les relations de presse en 2001 avec Le Grenier musique et s’est convertie en gérante d’artistes en 2006. Ouf! Entrevue avec une passionnée de musique – très active.

Le Grenier musique, c’est quoi plus concrètement? C’est une entreprise basée à Moncton, au Nouveau-Brunswick, qui se spécialise en gestion de carrière d’artistes en musique, en booking de spectacles et en relations de presse. Depuis 2013, c’est aussi un label. Doucet a-t-elle toujours voulu travailler dans le domaine de la musique? « Je ne suis pas musicienne et il n’y avait pas de musiciens chez nous. Mais toute ma vie, j’ai eu un amour de la musique. C’est une grande partie de ma vie. Ça m’entoure encore aujourd’hui. Je regarde ma maison en ce moment, et je vois des stéréos, des vinyles, des albums… » lance-t-elle en riant.

Reconnue dans son milieu, celle qui a été la gérante de Lisa Leblanc (2010-2012) et Les Hay Babies (2012-2014) n’a plus besoin de faire ses preuves. « Il y a tellement de besoins au Nouveau-Brunswick que je n’ai jamais eu à chercher des clients. Ils sont venus à moi. » Aujourd’hui, Doucet travaille notamment avec Joey Robin Haché, Cy, Dans l’Shed, Simon Daniel, Menoncle Jason, John Boulay, Wanabi Farmeur, Kevin McIntyre, The BackYard Devils, Denis Richard et Suroît. Pourquoi a-t-elle choisi de travailler avec ces artistes? « Il faut que j’aime la personne, sa musique… J’appelle ça mon amouromètre. (Rires) Travailler avec un artiste, c’est souvent devenir sa maman, sa psychologue. Ce n’est pas comme un mariage, mais ce n’est pas loin! Il faut aussi que je sente que je puisse faire avancer la carrière du musicien. »

Nouveau-Brunswick et Québec: deux solitudes?

Carol Doucet est devenue, au fil du temps, un atout majeur de la scène musicale du Nouveau-Brunswick. « Il y a d’autres agences… Mais c’est moi qui a le plus d’artistes. Je suis un peu folle! » s’exclame la fondatrice du Grenier musique en riant. Et elle a du pain sur la planche, parce que ça peut être un défi de faire entendre les artistes à l’extérieur de la province. « Il faut développer le marché! Quand un artiste a fait une tournée au Nouveau-Brunswick, c’est le temps de viser ailleurs: France, Belgique, Suisse… » Et le Québec aussi, bien entendu. « Le Québec, c’est un milieu plus fermé. Passer à travers le mur du Québec, c’est quelque chose! C’est vraiment difficile de booker dans cette province. J’ai l’impression que Lisa Leblanc a défoncé ces portes-là. Depuis, c’est beaucoup plus facile de faire entendre mes artistes. »

Quel conseil donnerait-elle à un artiste qui tente de percer? « Il faut garder en tête que n’importe quel musicien doit se déplacer pour se faire connaître. Même quand tu vis à Montréal. Le tour se fait vite! (Rires) Je dis aussi à tous les artistes de se trouver une job! Si c’est possible pendant certaines périodes de se consacrer entièrement à la musique, il faut toujours garder en tête qu’il va peut-être falloir trouver un autre revenu. Ce n’est pas du jour au lendemain que c’est possible de vivre de sa musique, peu importe que l’artiste soit signé ou indépendant. Il faut en faire des shows pour payer son loyer! Le succès, ce n’est pas instantané! »


Photo par Julie Aubé


Le Grenier musique